
Surréaliste. C’est l’expression la plus appropriée pour décrire la semaine que j’ai passée sur la base navale de Guantánamo Bay en mission d’observation du procès d’Omar Khadr. Entre les iguanes gigantesques, qu’on croirait familiers avec le McDonald de Guantánamo, et une commission militaire qu’on croirait mise en scène par la Dame de cœur de Lewis Caroll dans son Alice au pays des merveilles, nos escortes militaires surveillent sans relâche nos pas et nos « fréquentations ».
L’ambiguïté du statut juridique de Guantánamo Bay a jusqu’ici permis aux États-Unis d’y détenir des « combattants ennemis étrangers », présumés terroristes capturés outre-mer, et de les priver de la protection des Conventions de Genève. Le récent jugement rendu contre Omar Khadr par les commissions militaires aurait dû alerter les gouvernements concernés et l’ensemble de la communauté internationale. L’indifférence est un dangereux précédent.
Le 31 octobre 2010, cinq ans après le dépôt des accusations contre Omar Khadr, huit ans après son arrestation et après de multiples modifications aux accusations et aux « règles » de procédure et de fond qui régissaient son soi-disant procès à Guantánamo, sa sentence a été déterminée par le jury.
Pour la première fois, Avocats sans frontières Canada fait partie des ONG admises à titre d’observatrices internationales du procès d'Omar Khadr et compte une déléguée sur place parmi les représentants d’Amnesty International, de Human Rights Watch, Human Rights First, de l’American Civil Liberty Union, du National Institute of Military Justice (États-Unis) et de la National Association of Criminal Defense Lawyers (États-Unis). Véronique Lebuis nous écrit de Guantánamo.