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Dernières nouvelles du cas du massacre de las Dos Erres, Rapport de Julie Dubé Gagnon, coopérante volontaire ASF au Guatemala

Le 26 juillet 2010, dans le cadre du cas emblématique de las Dos Erres, la juge de première instance pénale de la section des risques majeurs de la capitale du Guatemala ordonne la détention provisoire de l’accusé Carlos Antonio Carias Lopez, ex-kaibil de l’armée. Le procès sur le fond doit avoir lieu à la mi-septembre.

Cette ordonnance de détention provisoire fait suite à la sentence de 2009 de la Cour interaméricaine des droits de l’homme qui retient la responsabilité de l’État guatémaltèque pour le massacre de 217 personnes orchestré par l’armée en 1982, dans la municipalité de las Dos Erres, au Petén. L’armée aurait anéanti le village afin de passer ce message de terreur aux autres communautés sympathisantes à la guérilla. L’État en est donc à l’exécution nationale de la sentence interaméricaine puisqu’il est obligé, en vertu du droit interaméricain, d’enquêter et de sanctionner les auteurs intellectuels et matériels du massacre de las Dos Erres. Carias Lopez est l’un des quatre accusés à ce jour.

Carias Lopez était depuis mars 2010 et jusqu’au 26 juillet dernier, accusé de vol et de crimes contre l’humanité. Mais lundi, la juge a amendé l’acte d’accusation afin d’y ajouter un délit, soit l’assassinat de 217 personnes. En effet, l’accusé, commandant de la base militaire Las Cruces, aurait ordonné à ses 300 patrouilles civiles et soldats sous son contrôle d’assassiner les paysans de las Dos Erres, mais aussi de piller les biens des habitants, et de détruire toutes les preuves pouvant les associer aux crimes. Les soldats et les patrouilles civiles ont de plus réuni leurs efforts afin de menacer les habitants survivants afin éviter les dénonciations et ainsi garantir leur impunité.

Cette détention provisoire et l’amendement de l’acte d’accusation est une victoire pour les familles des victimes. Le fait d’ajouter l’assassinat en tant que chef d’accusation garantit la possibilité de voir l’accusé incarcéré pour 30 ans. Les autres délits permettaient la libération au paiement d’une simple pénalité. De plus, maintenant accusé d’assassinats, les juges peuvent décider proprio motu, de déclarer l’accusé coupable de génocide.

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