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HONDURAS : ASFC appuie l’élaboration d’un rapport destiné au Comité des droits de l’Homme de l’ONU

ASFC est fière d’être associée à la présentation, par un regroupement d’organisations de défense et promotion des droits des femmes du Honduras (« la Plateforme »), d’un rapport faisant état du défaut de l’État de mettre en œuvre les recommandations qui lui ont été adressées par le Comité des droits de l’Homme de l’ONU (« le Comité ») dans la foulée de l’examen, en juillet 2017 à Genève, de son 2ème  rapport périodique. 

De manière plus spécifique, dans leur rapport (uniquement disponible en espagnol), la Plateforme et ASFC se sont penchées sur le sort réservé à la recommandation portant sur la criminalisation absolue de l’interruption volontaire de grossesse (IVG). En effet, dans ses Observations finales, le Comité exhortait l’État hondurien à réformer sa législation en la matière, afin d’éviter que des femmes enceintes d’enfants non-désirés ne se sentent forcées d’avoir recours aux services de cliniques d’avortement clandestines, et ne mettent ainsi leur vie et leur santé en danger. Le Comité invitait le Honduras à garantir l’accès à un avortement légal et sûr, notamment lorsque la grossesse et à risque, ou qu’elle est le résultat d’un viol. Du même souffle, le Comité demandait à l’État de lever l’interdiction de la pilule contraceptive d’urgence, et de tenir à jour des statistiques précises sur les effets des restrictions concernant l’avortement et l’utilisation de la pilule contraceptive d’urgence sur la vie et la santé des femmes et des filles.

Dans la réponse écrite aux recommandations qu’il a signifiée au Comité, l’État a reconnu ne pas avoir dépénalisé l’avortement et ne pas avoir libéralisé l’accès à la pilule anticontraceptive d’urgence, dont la distribution reste interdite. Toutefois, l’État a omis de fournir les statistiques demandées par le Comité. Dans leur rapport, la Plateforme et ASFC ont vivement déploré l’attitude, qui s’est refusée à profiter de l’opportunité que représentait la refonte du Code pénal pour donner suite aux demandes du Comité, préférant utiliser l’enjeu à des fins politiques. Par ailleurs, les deux organisations ont également fourni au Comité les données statistiques que l’État a préféré garder sous silence.

Une mission de suivi de la mise en œuvre des recommandations du Comité est prévue dans les prochains mois. À cette occasion, ASFC et la Plateforme entendent participer activement au débat entourant l’amélioration du bilan du Honduras en matière de respect des droits civils et politiques.