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Quand l’Afrique du Sud, la Tunisie et le Mali se rencontrent pour renforcer leurs capacités en matière de justice, de vérité et de réconciliation


Du 7 au 10 mai dernier à Bamako, Avocats sans frontières Canada (ASFC) a organisé un Séminaire de partage d’expériences, de bonnes pratiques et de leçons apprises d’autres processus africains de justice transitionnelle. Ce séminaire, qui s’est tenu en présence des commissaires de la Commission vérité, justice et réconciliation (CVJR), des organisations de la société civile et des victimes du conflit armé de 2012, a accueilli des experts provenant des commissions tunisienne et sud-africaine. Il a mis en lumière les expériences similaires vécues et les leçons apprises dans d’autres États africains, une approche visant à renforcer les capacités techniques et méthodologiques de la CVJR et de ses partenaires de la société civile.

Pilier de l’Accord de paix de 2015, la CVJR est le principal mécanisme de justice transitionnelle au Mali. Son mandat consiste à mener des enquêtes sur les cas de graves violations des droits humains, à examiner les causes des épisodes de violence qu’a connus le Mali depuis 1960, à formuler des recommandations visant à prévenir la résurgence des violences et à proposer des mesures de réparation.

 

Femmes victimes du conflit armé qui participent au séminaire. © Aly Gatta

 

La tenue de cet événement tombe à point nommé car la CVJR doit tenir au cours des prochains mois  des audiences publiques et poursuivre ses investigations en matière de graves violations des droits humains, deux aspects qui constituent le cœur de son mandat. 

 

Victime du conflit armé qui participe aux échanges avec les experts malien, tunisien et sud-africain. © Aly Gatta

 


Développer des stratégies, mieux répondre aux besoins des victimes


Les commissaires de la CVJR, les organisations de victimes, les victimes et les témoins ont bénéficié de l’expertise de M. Terry Savage, qui a travaillé au sein de la Commission vérité et réconciliation sud-africaine, de M. Aounallah Mabrouk, qui a travaillé au sein de l’Instance vérité et dignité tunisienne et de M. Mahamar El Moctar, président de la Coalition malienne des défenseurs des droits de l’Homme (COMADDH).

 

M. Terry Savage, expert ayant contribué aux travaux de la Truth and Reconciliation Commission en Afrique du Sud. © Aly Gatta

 

Compte tenu de la difficulté actuelle pour la Commission de déployer des antennes dans certaines régions où les conditions de sécurité demeurent extrêmement difficiles, les représentants de la CVJR ont pu mieux appréhender les rôles et responsabilités qui leur incombent afin d’accroître la sensibilisation, la protection et la mise en œuvre des droits humains, notamment en ce qui concerne les mécanismes de protection et les stratégies de mobilisation des victimes et des grands témoins.

 

M. Aounallah Mabrouk, directeur exécutif de l'Instance Vérité et Dignité en Tunisie© Aly Gatta

 

Cet espace de communication a ainsi permis aux victimes d’accroître leur participation à la recherche de la justice et de la vérité, tel qu’elles l’ont exigé au cours d’une vaste consultation menée au cours de la dernière année par des organisations de la société civile et soutenue par ASFC.


Travailler ensemble pour l’avenir du Mali


Le projet « Renforcement de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation » (RCVJR), développé conjointement avec la Commission, vise à favoriser la participation des victimes du conflit, en particulier les femmes, les filles et autres personnes en situation de vulnérabilité à la restauration de la paix et de la stabilité au Mali.

 

De gauche à droite: M. Andrew Ng, représentant de l'Ambassade du Canada au Mali et M. Aristide Nononsi, chef de mission d'Avocats sans frontières au Mali. © Aly Gatta

 

Le projet « Justice, Prévention et Réconciliation pour les femmes, mineurs et autres personnes affectées par la crise au Mali » (JUPREC), mené en consortium avec le Centre d’études et de coopération internationale (CECI) et l’École nationale d’administration publique (ÉNAP), vise ultimement à renforcer les organisations de la société civile et l’accès à la justice des personnes les plus affectées par la crise, en vue d’un respect optimal de leurs droits dans un contexte de restauration de la paix et de la stabilité.

Pour consulter le rapport complet de la consultation portant sur les perceptions, attentes et besoins des victimes du conflit au Mali dévoilé Bamako en février 2018, cliquez ici.