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Haïti: 10 ans plus tard, l'accès à la justice est toujours au cœur de l'actualité


Dix ans, cela peut paraître parfois bien long. Mais parfois ça ne l’est pas. Il y a de ces tragédies et de ces souffrances qui frappent l’imaginaire et peinent à être pansées. Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 fait partie de ceux-là.

D’emblée, nous tenons une fois de plus à exprimer notre empathie, notre admiration et notre solidarité à l’endroit du peuple haïtien.

 

Il y a une solidarité haïtienne absolument extraordinaire qu'il faut souligner. Moi, ça m'émeut même encore quand j'en parle après 10 ans. - Pascal Paradis, directeur général et co-fondateur d'Avocats sans frontières Canada.

 

Présents depuis plusieurs années pour soutenir et mener des projets d’accès à la justice et de lutte contre l’impunité, nous avons été, avec nos partenaires de la société civile haïtienne, au cœur des efforts de reconstruction de système de justice. C’est un engagement qui nous tient à coeur.

Aujourd’hui, dans nos bureaux de Port-au-Prince, nous sommes fier.ère.s de compter sur plus d’une vingtaine d’employé.e.s, dont la grande majorité sont haïtien.ne.s, qui continuent de soutenir la lutte à l’impunité, à la corruption et à l’injustice, tout en en développant des partenariats avec les organisations de la société civile et les institutions de l’État.

Dans le contexte de crise majeure que traverse le pays depuis l’été 2018, jamais les thèmes sur lesquels nous travaillons n’auront été autant d’actualité.


Justice de première ligne : accessibilité et proximité


Petit retour dans le temps.

 

Le projet Justice de première ligne, que nous avons mené de 2010 à 2013, a permis de donner aux citoyens haïtiens, en particulier les populations sinistrées les plus vulnérables, un accès gratuit à la justice et à la représentation légale.

 

Alors que l’accès à la justice, déjà problématique avant le tremblement de terre, a une fois de plus été réduit, les besoins de conseils, d’orientation et de représentation juridiques ont, conséquemment, augmenté de manière exponentielle.

Dans un contexte où le système de justice est moins à même de permettre un règlement de ces problèmes juridiques, ceux-ci constituaient autant de barrières empêchant les victimes et les groupes vulnérables de reprendre leurs activités citoyennes et de satisfaire à leurs besoins de base : sécurité, alimentation, santé, logement.

 

Le projet Justice de première ligne, que nous avons mené de 2010 à 2013, a permis de donner aux citoyens haïtiens, en particulier les populations sinistrées les plus vulnérables, un accès gratuit à la justice et à la représentation légale.

 

Des avocat.e.s haïtien.ne.s et des membres de la société civile se sont mobilisés dans des centres de justice de proximité afin d’offrir aux populations ciblées des conseils juridiques et des modes alternatifs de règlement des conflits en matière de médiation, de conciliation et d’arbitrage.

Des recherches juridiques ont permis de soutenir nos activités, et des programmes de formation ont été donnés à l’intention des avocat.e.s, des magistrat.e.s et des autres acteurs.trices du système de justice.

Ce projet a ainsi permis de jeter des bases visant à favoriser la reconstruction du système de justice et influencer sa réforme afin qu’il soit plus près des citoyen.ne.s.

Au terme du projet, c’est donc, notamment:

 

  • 25 avocat.e.s haïtiens collaborateur.trices qui ont donné des services juridiques gratuits aux plus vulnérables;
  • 1 000 personnes qui ont bénéficié de services juridiques de proximité;
  • 630 prévenus, notamment ceux en situation de détention provisoire abusive, qui ont bénéficié des services d’aide juridique du Barreau de Port-au-Prince;
  • 500 déplacé.e.s qui ont pu mieux connaître leurs droits à l’identification, maîtriser les mécanismes d’obtention des actes d’état civil ainsi que les stratégies de plaidoyer en faveur du respect du droit à l’identification des Haïtien.ne.s.
  • 288 sinistré.e.s ont obtenu un certificat de décès, un document essentiel à la normalisation des activités citoyennes.

 

Visionnez la capsule vidéo du projet Justice de première ligne.


Un meilleur avenir? Oui, c'est encore possible


Tout au long de la prochaine semaine, nous vous proposerons des contenus en lien avec le contexte post-séisme. 

Nous vous proposerons une entrevue avec Me Patrice Florvilus, avocat haïtien partenaire d'Avocats sans frontières Canada depuis plus de 10 ans, qui était à Port-au-Prince au moment du séisme. Il nous permettra de nous immiscer sur les lieux de la catastrophe, de visulaiser le travail qu'il a effectué auprès des victimes, et de comprendre un peu plus les enjeux auxquels a été (et est toujours) confronté le système de justice.

De plus, nous organisons ce 15 janvier, toujours à Port-au-Prince, une conférence internationale portant sur l'une des conséquences les plus graves du séisme, soit la contamination et le décès de centaines de milliers de personnes en raison du choléra, maladie introduite en Haïti par des Casques bleux népalais au lendemain du séisme et pour laquelle l'ONU ne reconnaït toujours pas sa responsabilité pleine et entière. Les victimes et les proches de victimes mènent toujours, avec notre soutien, une lutte active pour que justice soit rendue et qu'elles obtiennent des réparations qui répond concrètement à leurs besoins et à leurs attentes.

Au final, c'est bien simple: suivez-nous sur nos plateformes Facebook, Twitter et Instagram!

 

 

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