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Être coopérante volontaire en temps de COVID-19?

L’autrice, Diana P. Carvajal F., est conseillère juridique volontaire, déployée en Colombie dans le cadre du projet « Justice transitionnelle pour les femmes » mis en œuvre par Avocats sans frontières Canada (ASF Canada) grâce à l’appui financier du gouvernement du Canada. À l’heure actuelle, elle participe aux activités du bureau à Bogota, les appuyant notamment en matière de litige stratégique et de sensibilisation à la violence basée sur le genre.


Nous planifions un atelier avec des femmes leaders d’une région du Sud-Ouest colombien lorsque les premiers cas de COVID-19 ont été dépistés dans plusieurs villes du pays. Très rapidement, nous avons dû, conjointement avec la Defensoría del Pueblo, l’un de nos partenaires sur place, aviser les participantes et les institutions invitées du report de nos activités, et ce jusqu’au moment où nous pourrions les reprendre.  

L’annulation de l’ensemble de nos évènements a été suivie par des mesures d’isolement social. Du jour au lendemain, nos conditions de travail se virent transformées, les mesures de confinement devenant quotidiennement plus strictes. Travaillant maintenant à la maison, je prends le temps de vous écrire ces quelques mots. 

 

Le suivi de l’actualité


Parmi la tonne de communiqués, avis, notes informatives, et autres documents que nous retrouvons dans nos boîtes de réception, sur les réseaux sociaux et dans les médias, plusieurs questions me marquent particulièrement. Les voici : 

(Notez que l’ordre est arbitraire

  • Les craintes, bien fondées, d’une flambée de la violence envers les femmes et les enfants en contexte d’isolement. 

  • Les conséquences économiques que la pandémie commence déjà à entrainer, spécialement pour les pays les plus pauvres, telles les récessions, la hausse des taux de change, les chutes des marchés boursiers, entre autres. 

  • L’augmentation des risques associés à la situation de crise. Par exemple, la potentialité de perturbations de l’ordre public, de pillages et d’augmentation de la criminalité. 

  • Certaines mesures économiques annoncées dans le but d’alléger le fardeau qui pèse principalement sur les personnes les plus vulnérables (on ne manque pas d’espoir, j’ose le dire…). Ceci est particulièrement nécessaire, alors que plusieurs personnes perdent leurs moyens de subsistance à cause de l’arrêt des activités de nombreuses entreprises et organisations. Force est de rappeler qu’en Colombie, des milliers de personnes ne sont pas en mesure de se mettre en quarantaine. On peut en nommer les habitants des rues où ceux qui gagnent leur pain chaque jour dans des commerces ambulants. 

  • Les tensions dans les pénitenciers et les difficultées à appliquer les mesures de prévention. 

  • Des chiffres de personnes qui sont tombées malades, et des décès, qui augmentent, mais d’autres, plus positives, qui rendent compte de ceux qui ont guéri. 

  • Des législations d’exception, adoptées par les gouvernements, et particulièrement par celui de la Colombie, et dont il nous faut être à l’affût et vérifier que des violations des droits fondamentaux ne s’en suivent pas. 


De ma perspective de coopérante


Faisant preuve d'une grande précaution, ASF Canada a offert, dès le début de la crise, la possibilité à l'ensemble des coopérant.e.s volontaire.s d'être rapatriés dans leur pays d'origine. Pour moi, rentrer au Canada, et surtout, laisser soudainement la mission qui nous a été confiée m’inquiétait plus que cela ne me rassurait. Agir en conformité avec la tendance #Restecheztoi m’apparaissait être ma meilleure contribution à l’aplatissement de la courbe de contagion et à l’heure actuelle chez moi, c’est la Colombie. 

Or, nombreux sont les défis du télétravail. Nos réunions ainsi que nos activités de formation et partage d’expérience sont dorénavant organisées sur des plateformes en ligne. Cela me permet de voir mes collègues du siège et dans d’autres pays plus qu’à l’habitude. On en profite également pour se partager des conseils pour mieux gérer le stress lié à l’isolement et à l’angoisse que la COVID-19 provoque. De toute évidence, il faut aussi composer avec les difficultés d’organiser son travail. À ce sujet, sont également bienvenues les recommandations pour nous aider à ne pas tomber ni dans la compulsion ni dans la lâcheté (travailler en pyjama entraine ses risques). Maintenir le contact avec des collègues et des proches est, je crois, un bon moyen d’avoir les pieds sur terre. Ainsi, nous continuons à effectuer les tâches qui nous permettent d’atteindre nos objectifs et de contribuer à l’amélioration de l’accès à la justice pour les femmes. Ensemble, l’équipe d’ASF Canada fait des efforts afin de soutenir le moral de ses membres et fait écho à la tendance #Çavabienaller. 

 

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