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2ème édition de l’Université sur la Justice transitionnelle : « Les femmes au cœur de la Justice transitionnelle »


Du 12 au 17 novembre dernier à Bamako, Avocats Sans Frontières Canada (ASFC), par l’entremise du projet « Justice, Prévention et Réconciliation pour les femmes, mineurs et autres personnes affectées par la crise au Mali » (JUPREC), a organisé pour la deuxième année consécutive la formation intensive intitulée « l’Université sur la justice transitionnelle au Mali ». Il s’agissait de renforcer les compétences des membres de la société civile, en particulier des femmes impliquées dans la promotion et la défense des droits humains, en vue de les mobiliser autour de leur rôle d’acteurs de premier plan dans le processus de construction de la paix au Mali.

Cette formation a réuni une trentaine de personnes appartenant à des organisations de la société civile malienne, des réseaux des défenseurs des droits humains, des instructeurs de l’École de Maintien de la Paix Alioune Blondin Bèye et des chargées de mission auprès de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR). Les participant.es ont été sélectionné.es sur la base de leur engagement envers les droits humains, leur expérience et leur volontarisme parmi plus d’une centaine de candidatures. En outre, grâce aux mesures prises pour favoriser la participation des femmes, entre autres, la mise en place d’une gardienne d’enfant sur le lieu même de la formation, plus de la moitié des participant.es étaient des femmes.

Les participant.es ont pu bénéficier de l’expérience d’expert.es malien.nes, dont Me Bandjougou Fofana, procureur de la République auprès du Tribunal de grande instance de Mopti et Dr. Assitan Diallo, ainsi que d’expert.es internationaux, notamment Me Alain-Guy Sipowo, Mme Julie Guillerot, Me Jacqueline Moudeïna et Mme Kora Andrieu, de même que Me Janine Lespérance, conseillère juridique d’ASFC.


Pour une pleine participation des femmes dans le processus de paix


Les ateliers ont permis d’échanger sur les leçons apprises de différents contextes de gestion de conflit ou post-conflit. De plus, les différentes mesures, au-delà de la justice classique ou formelle, favorisant le retour définitif de la paix ont été exposées. Les ateliers ont aussi mis en lumière l’évolution du processus de justice transitionnelle engagé au Mali et d’identifier les défis liés à sa mise en œuvre, comme par exemple les stéréotypes et la discrimination basés sur le genre, qui empêchent la pleine participation des femmes dans le processus de paix et la réparation pour les violences qu’elles ont subies. Les participant.es ont également été sensibilisé.es autour des obligations internationales de l’État en matière de justice et des implications potentielles de la Loi d’entente nationale, un projet de loi prévoyant l’amnistie pour les auteurs des crimes liés à la crise de 2012, dont l’Assemblée nationale du Mali discutera prochainement. Des réflexions ont été engagées au sujet d’une meilleure participation des organisations de la société civile malienne dans le processus de justice transitionnelle, en vue de leur faire prendre toute la mesure de leurs rôles respectifs dans la réussite du processus.

Ainsi, de personnes bénéficiaires de la formation intensive sont devenues personnes ressources constituant les prémices d’un réseau malien sur la justice transitionnelle. Elles pourront, au sortir de cette 2e édition, s’impliquer dans la mise en œuvre de la justice transitionnelle et participer aux activités du projet JUPREC – en tant qu’experts, facilitateurs ou animateurs locaux – dans la réalisation des activités de terrain, notamment le suivi des recommandations et engagements issus des espaces de dialogue et du forum national sur la justice transitionnelle.


Le projet « Justice, Prévention et Réconciliation pour les femmes, mineurs et autres personnes affectées par la crise au Mali » (JUPREC), mené en consortium avec le Centre d’études et de coopération internationale (CECI) et l’École nationale d’administration publique (ÉNAP), vise ultimement à renforcer les organisations de la société civile et l’accès à la justice des personnes les plus affectées par la crise, en vue d’un respect optimal de leurs droits dans un contexte de restauration de la paix et de la stabilité.