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Haïti : Connaître les droits des femmes pour mieux les défendre contre les discriminations

Avocats sans frontières Canada (ASFC) et l’Office de Protection du citoyen (OPC) ont organisé, du 18 au 20 septembre 2018, une formation sur les droits des femmes à l’intention des cadres et des agent.es de terrain de l’OPC. Ce partenaire d’ASFC dans le cadre du projet « Accès à la justice et lutte contre l’impunité en Haïti (AJULIH) » souhaitait, par cette formation, renforcer ses compétences en matière de respect et d’application des droits des femmes pour mieux assurer son rôle de défense et de protection des droits des femmes et des filles haïtiennes.

Selon la formatrice Milhouse Guillaume Massillon, juriste et spécialiste en genre, la violence à l’égard des femmes et des filles est l’une des violations des droits fondamentaux les plus fréquentes à travers le monde. « Elle représente l’une des pires manifestations de la discrimination envers les femmes et un obstacle majeur à la réalisation de l’égalité de genre. Ces violations des droits de la personne infligent non seulement des souffrances et des préjudices aux victimes, elles minent également le tissu des sociétés où elles évoluent », a-t-elle rappelé.

Les résultats de l’Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des Services en Haïti, réalisée en 2012 (EMMUS V) et commanditée par le ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), a révélé qu’environ 29 % des femmes âgées de 17 à 49 ans ont déclaré avoir subi une forme de violence au cours de leur vie.

Une formation pratique et adaptée au mandat de l’OPC, selon les participant.es

Différents travaux en groupe réalisés au cours de la formation ont permis aux cadres de l’OPC de s’interroger sur leur travail et de mettre en pratique la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) et la Convention interaméricaine sur la prévention, la sanction et l’élimination de la violence contre la femme (Convention Belem Do Para) à travers des cas qui prennent en compte le mandat de l’OPC.

Outre les instruments internationaux et régionaux, les participant.es ont également passé en revue les thématiques liées aux droits humains et aux inégalités et à la violence basées sur le genre ainsi que le cadre légal national. « Nous apprécions beaucoup les efforts déployés par notre direction pour nous accompagner dans notre travail de protection et de promotion des droits humains. Nous apprécions particulièrement les différentes méthodes utilisées par les formatrices pour faciliter l’assimilation des concepts. Ce fut une formation très pratique », a déclaré Me Dulianne Dassas en marge de l'activité.

Un atelier de suivi trois mois plus tard

Pour s’assurer de la pérennisation et de l’application des nouvelles connaissances, un atelier de suivi sera organisé au mois de janvier 2019. Ce sera l’occasion pour les participant.es issu.es de différentes régions du pays de mettre en commun leurs expériences et d’approfondir les thématiques liées au respect des droits de la personne et de la dignité humaine. Toutefois, un formulaire relatif à la mise en oeuvre de la formation dans le cadre du mandat de l’OPC leur sera soumis au préalable, dans un délai ne dépassant pas les six semaines. « L’application de la formation est tout aussi importante pour nous que la formation en elle-même », a rappelé au terme de l’activité le chef de mission d’ASF en Haïti, Me Appolinaire Fotso.