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32ème édition du Concours Jean-Pictet : Avocats sans frontières Canada (ASFC) appuie la première participation d’une délégation haïtienne

Pour la première fois depuis la création du prestigieux concours de plaidoirie Jean-Pictet, une délégation représentera Haïti avec l’appui du Barreau de Port-au-Prince et d’Avocats sans frontières Canada (ASFC). La délégation sera composée de trois plaideurs et de deux réservistes. Ils ont été sélectionnés à la suite d’une épreuve orale, organisée au terme d’une formation de deux jours en droit international humanitaire et en droit international pénal dispensée les 4 et 5 octobre 2018 par ASFC en collaboration avec le barreau de Port-au-Prince.

Les trois membres de l’équipe, Daniel Pierre Philippe, Lovely Jean-Louis et Williamson Lafortune ont jusqu’au 8 novembre pour envoyer leur dossier de candidature qui sera soumis à un « processus de sélection très rigoureux et hautement compétitif », peut-on lire sur la page officielle du Concours. Célestin Schneider et Céable Sarah-Dgyne, les deux réservistes, pourraient être appelés en remplacement dans l’éventualité où un membre de l’équipe est indisponible.

« Les deux jours de formation ont été très utiles. Les échanges nous ont permis d’approfondir certaines notions qui ont facilité notre sélection et qui nous seront utiles lors du concours », a réagi Daniel Pierre Philippe, avocat stagiaire au barreau de Port-au-Prince, au terme de la formation.

                                                                 Les trois participant.es sélectionné.es au sein de la délégation : Daniel Pierre Philippe, Lovely Jean-Louis et Williamson Lafortune

« Notre participation : une fierté et un engagement »

Lovely Jean-Louis est étudiante-avocate au barreau de Port-au-Prince et détentrice d’une maîtrise en gestion des organisations d’éducation. Depuis 2013, elle milite dans une organisation de femmes et participe au renforcement des capacités et à l’accompagnement des femmes en situation de vulnérabilité et des filles. Elle voit dans sa participation au concours « une opportunité d’approfondir ses connaissances en droit international humanitaire ».

 « Je prépare le concours avec beaucoup de fierté et d’engagement, car il faut de l’engagement pour maintenir le flambeau allumé. Nous sommes les pionniers et les pionnières, nous n’avons pas droit à l’échec. Nous nous préparerons avec assiduité. ASFC nous a déjà proposé un ensemble de livres à consulter et nous comptons nous réunir sous peu pour définir un plan de travail », raconte-t-elle avec enthousiasme.

Comme les autres membres de l’équipe, Daniel Pierre Philippe, avocat stagiaire, a entendu parler de ce concours pour la première fois lors de son barreau.  Il a tout de suite manifesté son intérêt parce qu’il était question de « plaidoirie et de droit humanitaire ». « J’ai déjà bénéficié d’une formation sur les droits humains et les conflits armés. Le droit humanitaire m’intéresse beaucoup. C’est l’occasion pour moi de mieux comprendre son mécanisme d’application », affirme Daniel.

Consciente du défi qui les attend, Lovely Jean-Louis, en appelle à ASFC. « J’espère qu’ASFC continuera de nous accompagner tout au long du processus », lance-t-elle.

Quel intérêt pour des avocat.es haïtien.nes?

Organisé depuis 1989, le Concours Jean-Pictet est un événement de formation en droit international humanitaire (DIH) à l'intention des étudiant.es en provenance des cinq continents. Ils prennent part au Concours en équipes de trois personnes et bénéficient d'une formation à distance en DIH.

Les équipes se retrouvent ensuite pendant une semaine pour le Concours proprement dit, dans un lieu qui change chaque année. Elles concourent dans le cadre de simulations et de jeux de rôle construits autour d’un conflit armé fictif.

Par cette participation, ASFC entend soutenir l’émergence d’une cohorte de jeunes avocat.es engagé.es dans la défense des droits humains des personnes en situation de vulnérabilité, comme le prévoit son projet « Accès à la justice et lutte contre l’impunité en Haïti (AJULIH) ».

C’est aussi l’occasion pour eux de rencontrer des juristes originaires de partout dans le monde et de discuter avec des professionnels et passionnés de droit international humanitaire. Ils feront ensuite partie de la communauté dite des « pictéistes », ce qui pourrait être un atout indéniable dans le monde professionnel international.