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La traite de personnes : un phénomène invisible mais toujours présent

Dans bien des pays, alors que les projecteurs sont tournés vers la pandémie, l’étau se resserre autour des victimes de la traite de personnes. 

On estime que, dans le monde, 2,5 millions de personnes sont victimes de la traite de personnes. Ce nombre, déjà alarmant, pourrait malheureusement croître davantage en raison de la pandémie. La crise sanitaire liée à la COVID-19, et les crises humanitaires en général, fragilise la situation des personnes les plus susceptibles d’être victimes de traite de personnes, et décuple la précarité des victimes actuelles. 

En réponse au contexte actuel, plusieurs États ont été contraints d’utiliser les ressources économiques et humaines normalement dédiées à la lutte contre la traite de personnes afin de faire face à des besoins plus pressants, restreignant ainsi l’aide offerte aux victimes. Selon Ghada Fathi Waly, directrice exécutive de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, cette diminution a un impact considérable sur les victimes, qui voient leurs chances de s’échapper et de trouver de l’aide fortement limitées.


À VOIR : La traite de personnes : la nécessité d’une approche au-delà des frontières. Karine Ruel, avocate principale chez ASF Canada, démystifie le phénomène de la traite de personne. 


La situation économique précaire dans laquelle se retrouve de nombreuses personnes, en raison notamment des pertes massives d’emplois dans la majorité des pays affectés par la COVID-19, contribue à la recrudescence du crime de la traite de personnes. La fermeture des écoles a privé plusieurs enfants d’un refuge sécuritaire et d’un accès à de la nourriture. De fait, ce sont 370 millions d’étudiant.e.s qui dépendent des repas servis en milieu scolaire pour se nourrir. Ces enfants deviennent alors des cibles faciles pour de fausses promesses de travail ou d’éducation. Plusieurs organisations rapportent, à cet effet, qu’un nombre accru d’enfants se retrouve à la rue depuis le début de la crise. 

 

Traite ou trafic?  


Traite de personnes et trafic d’êtres humains sont souvent, et à tort, confondus. Contrairement au trafic, la traite de personnes est caractérisé par sa finalité, soit l’exploitation de la victime, et n’implique pas nécessairement de franchir une frontière.

La traite et le trafic illicite de migrants sont deux choses distinctes. Le trafic illicite de migrants concerne l’aide au passage illégal d’une frontière internationale dans un but lucratif. Même s’il peut faire appel à la tromperie et/ou à un traitement abusif, il a pour fin de tirer un profit de ce passage et non, comme dans le cas de la traite, de l’exploitation susceptible de s’ensuivre.

La traite est un crime complexe et souvent difficile à prouver. Le Protocole de Palerme définit la traite de personnes comme étant: 

[...] le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation. L’exploitation comprend, au minimum, l’exploitation de la prostitution d’autrui ou d’autres formes d’exploitation sexuelle, le travail ou les services forcés, l’esclavage ou les pratiques analogues à l’esclavage, la servitude ou le prélèvement d’organes.

Pour plus d’information, consulter cette infographie produite par l'équipe d'ASF Canada: Qu’est-ce que la traite? 

 

En action contre la traite de personnes


Depuis plusieurs années, nos partenaires mènent dans le Triangle Nord de l’Amérique centrale (Honduras, Guatemala et Salvador) des actions afin de renforcer les capacités des procureur.e.s et des organisations de la société civile. Les mécanismes de coordination et de communication transnationaux entre les institutions judiciaires que nous soutenons ont notamment permis, dans la dernière année, d’identifier des dizaines de victimes et de les extraire de réseaux de traite de personnes. 

En dépit du confinement, nous continuons de poursuivre nos actions contre le crime que constitue la traite de personnes. Une campagne de sensibilisation importante a notamment été mise en oeuvre à l’attention des femmes, des filles et des personnes en situation de vulnérabilité dans le Triangle Nord de l’Amérique centrale. 

 

Parce qu’aucune crise ne peut dénaturer le caractère fondamental des droits humains

 


État d’alerte est une série d’articles surveillant le respect des droits humains durant la crise de la COVID-19. Retrouvez l’ensemble de notre couverture ici: https://www.asfcanada.ca/medias/impacts-covid19-dh/

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