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Cinq anciens paramilitaires sont condamnés pour le massacre des habitants de Plan de Sánchez

Avocats sans frontières Canada (ASFC) se réjouit du verdict rendu le 20 mars dernier à Cuidad de Guatemala par la Cour pénale de première instance concernant le massacre de la communauté de Plan de Sánchez.

Les cinq ex-paramilitaires accusés ont tous été condamnés à 30 ans de prison pour chacune des 256 personnes dont le meurtre a été prouvé ainsi qu’à 30 ans pour crimes contre l’humanité, totalisant 7 710 années de prison. Il s’agit d’une sentence hautement symbolique, mais le droit guatémaltèque prévoit un emprisonnement maximal de 50 ans.

Le Tribunal a entendu plus d’une vingtaine de témoins et d’experts démontrant que le 18 juillet 1982, les cinq condamnés ont massacré des centaines de civils, femmes, hommes et enfants, majoritairement membres du peuple maya achí.

La juge présidant le Tribunal a souligné que les actes ont été commis avec traîtrise, préméditation, acharnement et perversité brutale. Selon les témoignages, des femmes ont été torturées, violées et assassinées et les corps de l’ensemble des victimes ont été brûlés. Les cinq personnes condamnées étaient membres des Patrouilles d’Autodéfense Civile (PAC) et faisaient partie ce jour-là d’un commando composé d’une soixantaine de soldats.

ASFC salue le travail des trois juges et des procureurs du Ministère public. ASFC félicite les familles des victimes et les organisations de la société civile qui ont courageusement mené le combat judiciaire jusqu’à son aboutissement. ASFC souligne tout particulièrement la contribution majeure des avocats du Cabinet juridique de droits humains (CJDH) du Guatemala qui représentaient les dites familles et les organisations de la société civile à titre de partie civile. Le CJDH est appuyé par ASFC.

« Après deux premières décisions rendues le août 2011 et le 12 mars 2012, condamnant cinq ex-militaires, pour le massacre de la communauté de Las Dos Erres, cette troisième décision emblématique représente une avancée historique pour la justice, la lutte contre l’impunité et la défense des droits humains des populations victimes de massacres et de graves violations lors du conflit armé interne au Guatemala » a déclaré Maître Pascal Paradis, le Directeur général d’ASFC.

ASFC invite toutes les parties prenantes à continuer de mener des enquêtes adéquates, d’assurer l’indépendance de la justice et de prendre des mesures de protection des témoins pour permettre que la justice soit faite dans d’autres cas de violations de droits humains.
 

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