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Des nouvelles du programme Haïti

L’année 2010 a été difficile en Haïti et le dernier trimestre n’y pas échappé. L’ouragan Tomas, l’épidémie de choléra et les souffrances qu’elle suscite, des pénuries sporadiques de carburant et une crise électorale et politique majeure avec son lot de violences pour clôturer l’année, sont autant d’éléments qui déstabilisent le pays et ralentissent toutes les activités.

Le début de l’année 2011 est aussi été marqué par l’inquiétude et une instabilité palpable. Le retour de Jean-Claude Duvalier avec tout ce que cela implique d’inquiétudes, de spéculations et de réminiscences d’un passé ponctué d’allégations de graves violations des droits humains, le Comité électoral provisoire qui a mis beaucoup de temps à se prononcer sur les recommandations de l’Organisation des États Américains, la décision du Gouvernement d’offrir un passeport à l’autre ancien président exilé, Jean-Bertrand Aristide, l’impatience de la majeure partie de la population de voir le président Préval partir dès le 7 février, sont autant d’éléments d’instabilité qui ont un impact sur la réalisation des projets.

Dans ces circonstances, nous sommes tout de même très satisfaits des activités et avancées réalisées dans le cadre du projet Justice de première ligne d’urgence et de transition en Haïti.

Ainsi, les services juridiques d’urgence aux sinistrés se poursuivent et sont maintenant offerts dans les nouveaux locaux du Barreau de Port-au-Prince situés au Bicentenaire, édifice du centre ville qui abrite aussi depuis quelques semaines le Parquet et différents services de justice.

Avec le Mouvement des femmes haïtiennes pour l’éducation et le développement (MOUFHED) nous avons mené durant l’automne une étude dans 8 camps de déplacés de la zone métropolitaine de Port-au-Prince pour mieux comprendre les besoins des sinistrés en matière de justice. Cette enquête est complétée et tous les éléments se mettent en place pour l’ouverture d’un centre de justice de première ligne dans les prochaines semaines au Champ de mars.

À la suite de la sélection de l’équipe qui interviendra dans le centre de justice, une première formation a été organisée. Reportée à deux reprises à cause des événements liés aux élections, cette formation a été donnée les 13,14 et 15 janvier. En dépit du climat toujours volatile, toutes les personnes invitées se sont présentées et ce fut un franc succès.

La première journée visait à impliquer, dès le départ, différents acteurs de la justice avec lesquels nous aurons à travailler directement. La journée était composée de trois blocs : Situation dans les camps de déplacés, présentation du projet et de l’état d’avancement, et témoignages des acteurs et actrices de la justice sur leur expérience et l’état de la justice post 12 janvier 2010. La participation était excellente. Nous étions plus d’une trentaine : Juges de paix, juges de première instance, juge de la Cour d’appel, Commissaire du gouvernement de Croix-des-Bouquets, Bâtonniers de Port-au-Prince et de Croix-des-Bouquets, avocats du service d’assistance légale du Barreau de Port-au-Prince, représentants d’organisations de la société civile et en plus de nos intervenants et avocats recrutés pour les centres. Nous avons même eu le privilège d’avoir avec nous durant deux heures la doyenne du Tribunal de première instance de Port-au-Prince, Me Marie Joceline Cazimir.

Les deuxième et troisième journées se sont tenues en groupe plus restreint pour les besoins particuliers de formation des futurs intervenants des centres de justice. Elles ont porté sur les notions théoriques et les textes juridiques sur l’assistance légale en Haïti, sur l’approche psychosociale à adopter pour l’accueil des personnes vulnérables, sur la pratique de l’assistance légale en Haïti dans les organisations de défense des droits et sur l’expérience du programme élargi d’assistance légale du Barreau. Enfin, on a travaillé sur le fonctionnement des Centres et les différents services qui y seront offert.

La méthode pour les trois jours était très dynamique : Présentations, témoignages, échanges, mises en situation, travail de groupe. Nos deux formatrices/animatrices, Me Dilia Lemaire et Me Mona Jean ont été très appréciées.

En cours et dans les prochaines semaines : Le démarrage des analyses juridiques sur les services de médiation, une mission d’appui de l’École du Barreau du Québec à l’École du Barreau de Port-au-Prince en février, une formation en déontologie en mars et l’ouverture du premier Centre de justice prévue aussi pour le mois de mars.

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