Retour à la section « Nouvelles & articles »

Le choix du Procureur général : un choix vital pour la justice guatémaltèque

Rappelons que l’actuel processus de nomination du Procureur général se déroule à la suite d’un important scandale. En effet, en juin dernier, la Cour constitutionnelle du pays avait déclaré que le processus de nomination du Procureur général Conrado Reyes avait été entâché de vices majeurs et que, par conséquent, celui-ci devait remettre sa démission après quelques semaines à peine à occuper ses fonctions. Reyes était notamment soupçonné de corruption et d’être lié au crime organisé du pays. Maria Mejía occupe présentement le poste par intérim.

Le processus de sélection a commencé il y a de cela quelques mois par un appel général de candidatures. Les acteurs du milieu juridique (doyens de Facultés de droit, président du Barreau au Guatemala, membres de la magistrature) ont présenté plusieurs candidatures. De plus, quelques personnes se sont présentées d’elles-mêmes pour briguer le poste. Au total, une quarantaine de candidatures ont été présentées à la Commission. Chacune de ses personnes a dû ensuite écrire à la Commission un texte décrivant ses compétences et son expérience. Nous en sommes donc à la dernière étape du travail de la Commission qui devrait se terminer en décembre par la remise de la liste des six candidats qui pourront aspirer au poste de Procureur général.

Nous avons eu la chance d’assister à l’entrevue de l’une candidate : celle de l’avocate et docteure en droit Claudia Paz y Paz. En plus d’être l’auteure de nombreuses publications et d’avoir présidé plusieurs conférences, Claudia Paz y Paz se démarque par son expérience diversifiée et son engagement en matière de protection des droits humains.

Cette avocate a été impliquée dans de nombreux processus pénal à titre de représentante des victimes et à été juge de paix pendant plus d’une année. De plus, elle a été experte à quelques reprises devant la Cour interaméricaine des droits de l’Homme. En matière de participation dans les organisations engagées en matière des droits humains, elle est co-fondatrice de l’Union de protection aux défenseurs des droits humains (UDEFEGUA) et de l’Institut d’études comparées en sciences pénales de Guatemala. De plus, elle est associée au Centre pour l’action légale en matière de droits humains (CALDH).

La pression politique provenant de divers milieux de la société civile sur les membres de la Commission se fait déjà sentir et les attentes sont très élevées. Voyons si la liste proposée au président saura répondre aux attentes des organisations défenseures des droits humains au Guatemala et proposera des candidats susceptibles de mettre fin à l’impunité qui règne en matière de violations graves des droits humains.

Cet article datait du 1er décembre 2010. Il est à noter que le 9 décembre dernier, le président de la République du Guatemala, Álvaro Colom, a nommé Claudia Paz y Paz à titre de Procureure Générale pour les quatre prochaines années. À l’occasion du discours qu’elle a prononcé lors de son assermentation, la nouvelle Procureure générale a insisté sur le fait qu’elle comptait travailler de façon indépendante et continuer à travailler en étroite collaboration avec la «Comisión internacional contra la impunidad en Guatemala» afin que justice soit faite. Une excellente nouvelle pour les organisations défenseures des droits humains.

--Marylène Robitaille, Coopérante volontaire d'ASF au Guatemala. Octobre au décembre 2010

Merci à nos partenaires sans frontières

Consulter la liste des partenaires