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Les victimes du choléra ne veulent plus être écartées des décisions qui les concernent

Cette semaine à Port-au Prince, nous avons tenu une conférence internationale intitulée « Comment répondre aux besoins des victimes du choléra ». 

Cet événement a permis de remplir plusieurs objectifs importants :

  • replacer le sujet choléra à l’avant-scène et contribuer au débat sur ses principaux enjeux;
  • partager le contenu et les recommandations de l’étude de faisabilité en Haïti afin que des leaders d’opinion puissent participer aux efforts de plaidoyer en faveur des victimes;
  • sensibiliser un plus grand nombre d’Haïtien.ne.s sur le dossier choléra, notamment sur la pertinence d’une approche d’assistance individuelle complémentaire pour les victimes les plus affectées par la maladie.

La lutte est entre nos mains pour rendre justice et réparations aux victimes. Nous tendons la main à l’État haïtien afin qu’il se conforme à son obligation de protéger les droits de ses citoyens.  C’est surtout une opportunité pour l’Organisation des Nations-Unies de faire les choses autrement et de respecter les droits humains, a exprimé Me Patrice Florvilus, avocat et directeur du Cabinet de litige stratégique de droits humains en Haïti (CASLDH).


Les victimes ne veulent plus être écartées des décisions qui les concernent


L’ONU doit établir de meilleures relations avec les associations des victimes du choléra sur le terrain. Les représentants des victimes doivent être présents et consultés en lien avec toutes les décisions prises qui les concernent. – Benjamin Vilner, coordonnateur général de l’asosyasyon Viktim Kolera Kafou (ASOVIKK)

Les victimes et leurs représentant.e.s ont pris la parole devant la communauté internationale, transmis leurs besoins et leurs attentes et ont insister sur l’impact que le choléra a eu sur leur vie, car il y a également toutes celles qui ont perdu leurs proches et qui se retrouvent parfois sans rien.

 

Les victimes ont souligné que le choléra est une maladie humiliante qui porte atteinte à leur dignité. Elles ont été rejetées par leurs proches et communautés. Le coût social et psychologique est important. Certaines ont perdu leur emploi. Certaines sont stigmatisées parce qu'elles sont vues comme des personnes malpropres. – Sabine Lamour, sociologue et consultante en Haïti.

Malgré l’engagement pris en 2016 par le Secrétaire général de l’ONU de « consulter les victimes, leurs familles et les communautés dans le cadre de la mise au point du dispositif », les victimes les plus affectées par le choléra n’ont toujours pas participé à un processus de consultation portant sur les meilleures façons de remédier aux souffrances qu’elles ont personnellement subies.

 


La mémoire des victimes doit demeurer vivante


En lançant l’étude de faisabilité en Haïti, nous réaffirmons du même coup notre détermination à soutenir l’appropriation par les haïtiens et les haïtiennes de ce dossier trop longtemps négligé. Les victimes doivent être les principales actrices du changement, à travers notamment les associations et les avocat.e.s qui les représentent.

Pour consulter les conclusions et les recommandations de l’étude Comment répondre aux besoins des victimes du choléra, cliquez ici.

 

Nous sommes tous et toutes des personnes qui peuvent contribuer à ce que ce combat demeure vivant. Je suis toujours fasciné de voir à quel point les victimes elles-mêmes sont lucides sur ces défis et formulent des propositions. C’est elles qui doivent être au centre, car elles sont les mieux placées pour déterminer les solutions.  –  Pascal Paradis, directeur général d’Avocats sans frontières Canada.

 

Pour consulter le rapport Alston (version anglaise), cliquez ici

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